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Sixième et dernier numéro de cette saison 2007, nous le clôturerons par un numéro spécial, "bouquet final" consacré aux variétés rares que vous pourriez rencontrer sur la presqu'île. Toutes les plantes que nous vous présenterons ci-dessous entrent dans une liste établie par le Conservatoire Botanique National de Brest qualifiée de "Liste rouge armoricaine". Ces plantes sont, à des degrés divers, considérées comme rares en Bretagne ou subissant des menaces générales plus ou moins fortes. Il en va de la flore sauvage comme de la faune. La conduite à tenir, autant que faire se peut, face à l'environnement en général est simple. Sauvegarder les espèces rares, et à l'opposé, se débarrasser des variétés "ravageuses" contribue à préserver la diversité et maintenir un équilibre des espèces naturelles. Au milieu de ces deux extrémités, laissons "batifoler" en toute quiétude les variétés — c'est la très grande majorité — ni menacées, ni menaçantes qui ne demandent rien à personne, seulement qu'on les regarde, qu'on les flatte, qu'on les sente, qu'on les photographie… Protégeons et respectons cette nature, et nous continuerons ainsi à jouir pleinement de ce littoral exceptionnel, de cette "exposition" permanente chaque saison renouvelée, qui plus est gratuite … ce qui est tout aussi rare ! 
Si un jour vous avez des jumeaux ou des jumelles, soyez assurés que la première question que l'on vous posera sera celle-ci : —Ce sont des vrais ou ce sont des faux ? Eh, bien ! concernant l'Ophrys de la passion et l'ophrys araignée que nous vous avons déjà présentée, vous pourriez être amenés à vous poser une question du même ordre tant les différences sont minimes et la ressemblance frappante pour un non érudit. Trouvez l'une, trouvez l'autre, souvent elles cohabitent, et dites-nous, qui est la passion ? Qui est l'araignée ? 
"Articulations" nouées, noueuse Renouée noue et renoue chaque année des relations de voisinage en compagnie d'herbes plus ou moins folles comme la soude épineuse, l'arroche du littoral, la bette marine, le cakilier maritime ou le pourpier de mer par exemple. Ensemble sur le sable grossier du haut des plages elles reçoivent les sensations douces et fortes des embruns, attendent les surprises des laisses de mer que leurs offrent les grandes marées. 
L'Omphalodes du littoral, traduction : le nombril du littoral, elle n'est pas à se donner une importance exagérée, mais qui l'a nommée ainsi était joliment inspiré, il suffit de la regarder. Elle se fait désirer, l'importance est là. Rare il y a peu, elle esquisse une tendance à se découvrir et à se montrer moins pudique …nous ne nous en plaindrons pas ! 
Scolyme d’Espagne. Il tiendrait sa racine étymologique du grec "Scolymos" du fait que sa racine végétale est comestible. De nos jours il s'exhibe avec parcimonie, jadis plante potagère il rayonnait puisqu'il était cultivé pour sa racine que l'on consommait en ragoût, comme des salsifis, les mêmes, que nous mangerons un jour…par la racine ! 
Nul doute, la carotte de Gadeceau est une bretonne ! En France, elle ne se plait qu'en Armor. Fleurs fines, légères et délicates comme une dentelle quiberonnaise de soie ou de lin blanc ou rose, coiffes en ombelle plane, elles scrutent l'océan sur les pelouses rases des falaises de St Pierre de Quiberon 
Il y aurait tant à dire sur l'Oseille des rochers. Par exemple : — qu'un filet d'eau douce qui lui caresse les racines la nourrit — que la tête rafraîchit des embruns marins la réjouit — que le corps à l'ombre d'une falaise elle vit, pour ne pas dire aujourd'hui…elle survit. Mais à la simple évocation de sa seconde appellation, la Patience des rochers, les mots deviennent de trop… Texte et Photos : Daniel Allaire
Date de création : 29/11/2007 @ 16:32
Dernière modification : 07/11/2008 @ 01:55
Catégorie : Flore
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