Cette présentation, nous l’avons voulue différente des présentations descriptives habituelles qui fleurissent à foison sur le net et que nous vous invitons à consulter si vous souhaitez enrichir le terreau de vos connaissances dans ce domaine. Il existe nombre de sites fort bien faits, beaux, fiables, qui vous énumèreront avec force détails ; le type d’habitat, la période de floraison, la zone de reproduction, les propriétés, les mœurs particulières des plantes, leur rapport avec leurs visiteurs, etc. Cet inventaire saisonnier nous avons choisi de l’illustrer par le prisme de l’anecdote, chaque « portrait » s’appuyant sur un trait de caractère, une propriété particulière, l’étymologie du nom de la plante, son aspect, etc. Par cette approche légère, notre désir reste modestement celui de titiller votre curiosité, afin de vous faire mieux regarder, découvrir et respecter cette nature toute remplie de ces petites choses qui la composent et sur lesquelles, il est toujours plus intéressant d’y mettre un nom.

Le lotier corniculé n’est pas une fleur caractéristique du littoral, vous le rencontrerez au hasard d’un petit sentier côtier, d’une dune fixée en limite de prairie. Vous remarquerez la déclinaison de ses couleurs chaudes, couleurs de feu, jaune vif, jaune – orangé, orangé – rouge, rouge piment, rouge carmin. Pourtant, prise en infusion, la fleur avait jadis la réputation de calmer les nerfs.

Comme les estivants qui se dorent sur la plage, le cakilier maritime a un petit goût salé, il vit en touffe, colonise le sable nu, se cale au pied des ganivelles. Il bronze tout l’été mais sa fleur blanche, rosée, parfois lilas clair reste pâlotte, que voulez-vous ? C’est sa nature !

Elle penche du rose vers le mauve. A s’y méprendre, la lavatère arborescente a des faux airs de rose trémière. Ce n’en n’est pas une ! Tout simplement, elle a l’air qu’elle se donne, c’est une mauve, royale de surcroît (c’est ainsi qu’on la sacre) si toutefois vous en doutiez !

Immortelle des dunes, quel joli nom ! D’où lui vient-il ? De sa durée éternelle, qui en faisait autrefois une fleur recherchée pour entrer dans la composition de bouquets secs ? Immortelle hélas, elle ne l’est pas, il faut aujourd’hui la protéger. Odeur d’épices, couleur curry, l’immortelle des dunes est une plante méditerranéenne : un modèle d’intégration dans le tissu dunaire de la Bretagne du Sud.

Si ce n’est sa silhouette beaucoup plus modeste, plus fine, point besoin ici d’être un expert pour reconnaître l’œillet des dunes dont l’air de famille, avec l’œillet cultivé, ne peut laisser place au doute. Cité par le Conservatoire Botanique National de Brest dans la liste des plantes du littoral dites « à forte valeur patrimoniale », je vous laisse deviner ce qu’il vaut mieux éviter de faire, hormis celui de vous mettre à quatre pattes et de contempler cette fleur délicate et parfumée.

Le pavot cornu est un « coquelicot » jaune, en plus trapu, plus cossu. Belle plante imposante, belle fleur jaune soyeuse, feuilles épaisses, qui cependant se contente des sols pauvres comme salons, voire des décombres, pour grandir et …se « cultiver ». Les soies qui l’habillent, le suc qu’elle sécrète, l’odeur qu’elle dégage, sont ses armes d’autodéfense contre les prédateurs et les herbivores.
Texte et Photos : Daniel Allaire